Premiers pas avec Microsoft Intune : comment bien démarrer dans la gestion des appareils mobiles et postes de travail cloud

Premiers pas avec Microsoft Intune : comment bien démarrer

Microsoft Intune représente bien plus qu’un simple outil de gestion des appareils mobiles : c’est une plateforme cloud complète qui transforme la manière dont les organisations administrent leur parc informatique, qu’il s’agisse de postes de travail Windows, de machines macOS, de smartphones Android ou iOS. Face à l’évolution des modes de travail hybrides et à la diversification des appareils, disposer d’une solution centralisée pour piloter la sécurité, la configuration et le déploiement d’applications est devenu incontournable pour les équipes informatiques. Cet article guide les administrateurs et responsables IT à travers les étapes essentielles pour configurer Intune et mettre en place leurs premières stratégies de gestion, en passant par l’inscription des appareils jusqu’à l’application des premières politiques.

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Qu’est-ce que Microsoft Intune et quelles sont ses capacités réelles ?

Microsoft Intune est une plateforme cloud de gestion unifiée des appareils permettant d’administrer, configurer et sécuriser des ordinateurs, smartphones et tablettes sur divers systèmes d’exploitation, avec gestion centralisée des applications et des politiques de sécurité, sans infrastructure locale à maintenir.

Microsoft Intune se positionne comme la solution de gestion des appareils cloud proposée par Microsoft au sein de son écosystème Microsoft 365. À la différence des approches traditionnelles basées sur des serveurs locaux, Intune fonctionne entièrement dans le cloud, ce qui signifie qu’il n’existe aucune infrastructure physique à maintenir ou à mettre à jour. Cette approche modifie profondément la gestion informatique en éliminant les contraintes liées aux solutions héritées.

La plateforme supporte une large gamme de systèmes d’exploitation : Windows, macOS, Linux, Chrome OS, Android et iOS. Cette polyvalence s’avère cruciale pour les organisations qui gèrent des environnements hétérogènes où coexistent des ordinateurs, des smartphones professionnels et des tablettes. Intune adapte ses capacités à chaque plateforme, reconnaissant que les besoins de gestion d’un appareil Windows ne sont pas identiques à ceux d’un iPhone ou d’une tablette Samsung.

Au-delà de la simple inventorisation des appareils, Intune offre la possibilité de configurer à distance les paramètres systèmes, de déployer des applications depuis une console unique et d’implémenter des politiques de sécurité uniformes à l’échelle de l’organisation. Les administrateurs peuvent, par exemple, activer le chiffrement BitLocker sur tous les ordinateurs Windows, imposer une authentification multifacteur ou restreindre l’installation de certains logiciels non autorisés.

L’approche Modern Device Management et ses implications

Intune incarne le concept de Modern Device Management, une philosophie qui reconnaît une réalité incontournable : les utilisateurs ne travaillent plus uniquement sur des ordinateurs fournis par l’entreprise. Avec l’émergence du modèle BYOD (Bring Your Own Device), les salariés apportent leurs appareils personnels au travail, créant une complexité nouvelle pour les responsables IT.

Cette approche moderne implique une gestion différenciée : les appareils professionnels bénéficient d’une gestion complète (MDM pour Mobile Device Management), tandis que les appareils personnels peuvent être gérés de manière plus légère via la MAM (Mobile Application Management), qui cible uniquement les données et applications d’entreprise sans contrôler l’intégralité de l’appareil. Cette distinction est capitale pour respecter la vie privée des utilisateurs tout en protégeant les ressources informatiques.

Intune s’aligne également avec le modèle Zero Trust, un paradigme sécuritaire qui repose sur le principe « ne faire confiance à personne, vérifier tout ». Chaque demande d’accès, qu’elle provienne d’un utilisateur interne ou externe, est validée indépendamment de sa localisation ou de son appareil. Cela signifie qu’Intune surveille continuellement la conformité des appareils avec les normes de sécurité définies et peut bloquer l’accès à distance si un appareil ne respecte plus les critères requis.

L’écosystème de services derrière le terme « Intune »

Il importe de clarifier que « Microsoft Intune » n’est pas une solution isolée, mais plutôt le cœur d’une suite de services interconnectés. Intune collabore étroitement avec Microsoft Entra ID (anciennement Azure Active Directory) pour la gestion des identités et des accès, avec Configuration Manager (SCCM) pour les environnements hybrides nécessitant une gestion à la fois cloud et on-premise, et avec divers autres services Microsoft pour offrir une approche holistique de la sécurité informatique.

Pour les organisations ayant déjà investi dans System Center Configuration Manager, la notion de co-gestion devient intéressante. Cette configuration permet d’utiliser simultanément Intune et SCCM, répartissant les responsabilités de gestion : SCCM gère par exemple les postes de travail traditionnels Windows déjà intégrés à un Active Directory on-premise, tandis qu’Intune prend en charge les nouveaux appareils cloud-natifs et les périphériques mobiles. Cette flexibilité facilite les transitions progressives vers le cloud.

🌟 Bon à savoir

Intune s’intègre nativement avec Microsoft Entra ID (ex-Azure AD), ce qui facilite l’automatisation de l’inscription et la gestion des accès sans infrastructure supplémentaire.

Quelles licences sont nécessaires pour utiliser Microsoft Intune ?

Microsoft Intune nécessite une licence payante, intégrée dans les abonnements Microsoft 365 E3, E5, F1, F3, Business Premium, ou via l’achat d’un plan Intune dédié ; un essai gratuit de 30 à 90 jours est également proposé par Microsoft.

Une question fréquemment posée par les organisations concerne le coût : Intune est-il inclus dans les abonnements existants ou faut-il des achats supplémentaires ? La réponse est nuancée et dépend largement des licences actuellement en place au sein de l’organisation. Intune n’est pas gratuit, mais il est probable que l’organisation en dispose déjà sans le savoir.

Microsoft propose trois niveaux d’offres pour Intune : le Plan 1 (basique), le Plan 2 (intermédiaire) et la Suite Intune (complète avec des fonctionnalités avancées). Le Plan 1 représente l’option la plus couramment utilisée et se trouve intégré dans plusieurs offres d’abonnement Microsoft 365 populaires.

🔐 Licence Microsoft 365📦 Intune Inclus💼 Cas d’usage
Microsoft 365 E3 ou E5✅ Plan 1Entreprises à grande échelle
Microsoft 365 F1 ou F3✅ Plan 1Travailleurs de première ligne
Microsoft 365 Business Premium✅ Plan 1PME
Office 365 E3 + Enterprise Mobility + Security E3✅ Plan 1Environnements hybrides
Office 365 E5 + Enterprise Mobility + Security E5✅ Plan 1Environnements avancés

Si l’organisation ne bénéficie pas d’une licence incluant Intune, la souscription d’un abonnement supplémentaire spécifique à Intune est possible. Toutefois, avant de signer un contrat, une évaluation gratuite peut être activée pour tester la plateforme pendant 30 à 90 jours selon les conditions de Microsoft. Cette période permet de valider l’adéquation de la solution avec les besoins réels avant un engagement financier.

Pour vérifier quels services sont inclus dans une licence utilisateur existante, il suffit de consulter le portail Microsoft 365 et de regarder la liste des applications assignées à cet utilisateur. Si « Microsoft Intune Plan 1 » y figure, la plateforme est accessible immédiatement sans frais additionnels pour cette licence.

Les différents plans Intune et leurs spécificités

Le Plan 1 couvre les besoins fondamentaux : gestion des appareils, déploiement d’applications, création de profils de configuration et respect basique de la conformité. Il suffit amplement à la majorité des organisations pour débuter leur transformation digitale.

Le Plan 2 ajoute des fonctionnalités avancées comme les politiques de protection des applications (App Protection Policies), une granularité accrue des permissions administratives, et des rapports plus détaillés. Cette version s’adresse aux organisations ayant des exigences de sécurité plus strictes.

La Suite Intune représente l’offre premium, incluant des outils supplémentaires comme Microsoft Defender for Endpoint, des capacités d’analyse comportementale des appareils et des intégrations avancées avec d’autres services de sécurité Microsoft. Elle cible les entreprises de grande taille ayant des besoins en cybersécurité sophistiqués.

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Explorer l’interface d’administration Intune et naviguer efficacement

Une fois l’accès à Intune obtenu, la première étape consiste à se familiariser avec l’interface d’administration. Accessible via un navigateur web à l’adresse intune.microsoft.com, cette console centralisée regroupe tous les outils nécessaires pour gérer les appareils et les applications de l’organisation. L’interface peut sembler imposante initialement, mais sa structure logique facilite la navigation une fois les sections principales identifiées.

Le portail est organisé autour d’un menu latéral gauche présentant différents domaines fonctionnels. Comprendre cette architecture permet de gagner un temps précieux lors de la configuration initiale et des opérations quotidiennes de gestion.

Les sections principales du portail Intune

Le Tableau de bord (Dashboard) est le premier écran rencontré. Cet espace affiche des widgets personnalisables présentant les métriques clés : nombre d’appareils inscrits, taux de conformité, alertes de sécurité et autres indicateurs. Les administrateurs peuvent créer plusieurs tableaux de bord spécialisés, par exemple un dédié aux responsables de sécurité et un autre aux techniciens support.

La section Appareils (Devices) constitue le cœur opérationnel d’Intune. C’est ici que se visualisent tous les appareils gérés, que l’on créée les profils de configuration (équivalents modernes des stratégies de groupe), que l’on applique les patches de sécurité et que l’on surveille la conformité. La majorité du temps d’administration se passe dans cette section.

La section Applications centralise la gestion des logiciels. Elle permet de définir quelles applications doivent être déployées sur quels appareils, de contrôler les mises à jour et de mettre en place des politiques pour protéger les données contenus dans certaines applications (par exemple, restreindre la copie-collé entre une application professionnelle et une application personnelle).

La Sécurité du point de terminaison (Endpoint Security) représente un espace dédie aux politiques de protection : activation du pare-feu, configuration du chiffrement BitLocker, gestion des antivirus, définition des exigences de mots de passe et autres paramètres critiques pour la sécurité informatique.

Les Rapports (Reports) offrent une visibilité détaillée sur le statut de l’environnement. Plutôt que de naviguer manuellement parmi les milliers d’appareils, les administrateurs génèrent des rapports synthétiques montrant, par exemple, quels appareils ne sont pas à jour de sécurité, quels utilisateurs ont échoué l’authentification multifacteur ou quel taux d’adoption est atteint pour une nouvelle politique.

Les sections Utilisateurs (Users) et Groupes (Groups) reflètent la structure organisationnelle synchronisée depuis Microsoft Entra ID. Ces groupes servent de base pour cibler l’application des politiques : on ne configure pas Intune appareil par appareil, mais par groupes (par exemple, « Tous les salariés du département commercial »), ce qui offre une scalabilité massive.

L’Administration de locataire (Tenant Administration) rassemble les paramètres transversaux affectant l’ensemble du tenant Microsoft 365 : personnalisation du branding, création de rôles personnalisés avec contrôle d’accès basé sur les rôles (RBAC) et gestion des connecteurs vers d’autres plateformes.

Enfin, Dépannage + support fournit des outils diagnostiques et un accès direct à la documentation Microsoft, essentiels quand une configuration ne fonctionne pas comme attendu.

Premiers paramétrages pour une navigation optimale

Avant de plonger dans la configuration des appareils, quelques ajustements initiaux améliorent l’expérience utilisateur. La personnalisation du tableau de bord permet d’ajouter les widgets les plus pertinents pour son rôle spécifique. Un administrateur chargé de la conformité ne nécessite pas les mêmes informations qu’un technicien de support en charge de la résolution de problèmes.

La création de rôles administratifs personnalisés revêt également de l’importance, particulièrement dans les grandes organisations. Plutôt que d’accorder l’accès administrateur complet à tous les membres de l’équipe IT, on peut définir des rôles restreints : un technicien peut être autorisé à voir l’état des appareils sans pouvoir modifier les politiques, un responsable sécurité peut gérer uniquement les paramètres de conformité, etc. Cette granularité renforce la sécurité globale.

💡 Explication

La distinction entre MDM (Mobile Device Management) et MAM (Mobile Application Management) est essentielle : MDM contrôle l’ensemble de l’appareil, MAM cible uniquement les applications et données professionnelles.

 La configuration initiale de Microsoft Intune est essentielle pour bien démarrer avec la gestion centralisée des appareils Windows, macOS, Android et iOS, garantissant sécurité et contrôle unifié La configuration initiale de Microsoft Intune est essentielle pour bien démarrer avec la gestion centralisée des appareils Windows, macOS, Android et iOS, garantissant sécurité et contrôle unifié

Comment inscrire et configurer les appareils dans Intune ?

L’inscription et la configuration d’appareils dans Intune exigent d’autoriser l’enregistrement dans Microsoft Entra ID, d’activer Intune comme solution MDM, puis de choisir et appliquer un mode d’inscription adapté à l’appareil (Entra Registered, Entra Joined, Hybrid Joined).

L’inscription des appareils constitue l’étape fondamentale précédant toute gestion. Sans inscription, Intune n’a aucune visibilité sur le parc informatique et ne peut appliquer aucune politique. Cependant, cette inscription ne fonctionne pas de manière unique : le processus varie selon la nature de l’appareil (professionnel ou personnel), le système d’exploitation et l’architecture informatique existante (cloud-natif ou hybride).

Avant même d’inscrire le premier appareil, plusieurs configurations préalables doivent être réalisées au niveau du tenant Microsoft 365 pour que tout fonctionne correctement. Ces préparatifs ressemblent à la mise en place des fondations avant la construction d’une maison : un travail invisible mais critique.

Autoriser l’inscription au niveau de Microsoft Entra ID

La première étape consiste à configurer Microsoft Entra ID (anciennement Azure AD) pour déterminer qui est autorisé à inscrire des appareils. Cette configuration se fait dans le portail Entra à l’adresse entra.microsoft.com, puis en naviguant vers Appareils > Tous les appareils > Paramètres de l’appareil.

Trois paramètres clés doivent être examinés. D’abord, « Les utilisateurs peuvent joindre des appareils à Microsoft Entra » : cette option contrôle qui peut créer une connexion à Entra ID (Entra Joined). Par défaut défini sur « Tout » pour permettre à quiconque de joindre un appareil, mais les organisations soucieuses de sécurité restreignent cette permission à « Sélectionné » et assignent cette capacité uniquement aux administrateurs ou à un groupe spécifique de machines gérées.

Ensuite, « Les utilisateurs peuvent inscrire leurs appareils auprès de Microsoft Entra » : ce paramètre concerne l’inscription d’appareils personnels (BYOD). Si activé, un utilisateur peut enregistrer son propre téléphone ou sa tablette personnelle pour accéder aux ressources professionnelles via l’inscription Entra. Lorsque Intune est activé sur le tenant, ce paramètre est généralement verrouillé pour utiliser le flux Intune.

Enfin, l’option « Exiger l’authentification multifacteur pour inscrire ou joindre des appareils » ajoute une couche de sécurité : un utilisateur désirant enregistrer un appareil doit fournir une deuxième forme d’authentification (SMS, application d’authentification, clé de sécurité physique). Bien que cela crée un point de friction, c’est une mesure fortement recommandée pour éviter que des attaquants ayant compromis un mot de passe n’enregistrent rapidement des appareils malveillants.

Activer Microsoft Intune comme solution MDM du tenant

L’étape suivante consiste à désigner Intune comme gestionnaire de mobilité (MDM) officiel du tenant. Sans cette activation, même les appareils joints à Entra ID ne seront pas gérés par Intune. Cette configuration s’effectue dans le Centre d’administration Entra : Paramètres > Mobilité > MDM et MAM > Microsoft Intune.

À ce stade, une distinction importante apparaît : le MDM (Mobile Device Management) et le MAM (Mobile Application Management). Le MDM offre un contrôle complet sur l’appareil lui-même : configuration du système d’exploitation, gestion des drivers, installation ou suppression de tout logiciel. C’est l’option adaptée aux appareils professionnels où l’organisation est propriétaire de la machine.

Le MAM, renommé en 2023 en « Protection des informations Windows », est plus ciblé : il ne gère pas l’appareil entier, mais uniquement les données et applications d’entreprise. C’est l’approche idéale pour les appareils personnels (BYOD) où l’on souhaite protéger les données professionnelles sans être intrusif dans la vie personnelle de l’utilisateur. Par exemple, Intune peut verrouiller la copie-collé depuis une application email professionnelle vers une application personnelle, sans pour autant contrôler le reste du téléphone.

Pour chacune de ces options, l’administrateur définit l’étendue : « Tous » pour s’appliquer à tous les utilisateurs du tenant, ou « Partiel » pour ne cible r que certains groupes de sécurité Entra ID. Cette granularité permet des déploiements progressifs : commencer par un groupe pilote de 50 utilisateurs, valider l’absence de problèmes, puis étendre progressivement à toute l’organisation.

Les trois modes d’inscription des appareils Windows

Une fois les paramètres Entra et Intune configurés, il faut choisir comment les appareils s’inscriront dans le système. Pour Windows, trois scénarios principaux existent, chacun correspondant à une architecture informatique spécifique et à un degré de contrôle différent.

  • 🔵 Microsoft Entra Registered (Personnels) : l’appareil personnel de l’utilisateur, enregistré directement dans Entra ID via les paramètres Windows ou Outlook. L’organisation obtient une visibilité basique et peut appliquer des politiques MAM, mais ne contrôle pas le système d’exploitation. Cas d’usage : BYOD, travailleurs distants utilisant leurs propres ordinateurs portables.
  • 🟢 Microsoft Entra Joined (Professionnels cloud-natifs) : un ordinateur professionnel complètement intégré à Entra ID, sans lien avec un Active Directory local. Intune exerce un contrôle complet via le MDM. Cas d’usage : organisations nouvelles, entièrement migrées vers le cloud, petites et moyennes entreprises sans infrastructure hérités.
  • 🟡 Microsoft Entra Hybrid Joined (Professionnels hybrides) : un ordinateur professionnel intégré à la fois à un Active Directory local (on-premise) et synchronisé vers Entra ID. Cette approche combine l’héritage (Active Directory) avec la modernité (Entra ID et Intune). Cas d’usage : grandes entreprises avec infrastructure Active Directory existante, migrations progressives vers le cloud.

Le choix parmi ces trois modes dépend fortement de l’infrastructure existante. Une startup récente optant pour une architecture entièrement cloud choisira l’Entra Join. Une grande banque avec des décennies d’infrastructure Active Directory appréciera l’Hybrid Join qui préserve les investissements existants. Une entreprise acceptant du BYOD massif utilisera l’Entra Register pour les appareils personnels.

Méthodes d’inscription pratiques

L’inscription réelle des appareils peut être réalisée via plusieurs chemins. Le chemin le plus simple consiste à utiliser les Paramètres Windows : un utilisateur accède à Paramètres > Comptes > Accès Professionnel ou Scolaire > Se connecter et authentifie avec ses identifiants d’entreprise. Windows détecte automatiquement la présence d’Intune et procède à l’inscription.

Pour les déploiements à grande échelle, Windows Autopilot transforme l’expérience. Au lieu de passer par plusieurs étapes manuelles, un utilisateur ouvre simplement un nouvel ordinateur Windows, se connecte à Internet et entre ses identifiants. Le système effectue automatiquement l’ensemble du processus : jointure à Entra ID, inscription à Intune, téléchargement et installation des applications professionnelles définies par la politique, sans intervention humaine. Cette approche dite « zero-touch » réduit dramatiquement les appels au support IT.

Une troisième approche, l’OOBE (Out of Box Experience), est le processus de configuration initial lors de l’allumage d’une machine. Les ordinateurs modernes préparés par les fabricants ou par le support IT peuvent être configurés pour rejoindre Entra ID automatiquement durant ce processus, sans attendre que l’utilisateur n’intervienne.

🌟 Bon à savoir

Les stratégies de configuration Intune remplacent avantageusement les anciennes GPO (stratégies de groupe) pour les environnements cloud et hybrides.

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Créer et appliquer les premières stratégies de configuration

Avec les appareils maintenant inscrits dans Intune, l’étape suivante consiste à définir et appliquer les premières stratégies de configuration (ou profils de configuration). Ces stratégies sont les équivalents modernes des stratégies de groupe (GPO) traditionnelles utilisées en environnement Active Directory local, mais elles fonctionnent dans le cloud et s’appliquent à l’ensemble des appareils gérés, indépendamment de leur localisation ou de leur connexion au réseau interne.

Une stratégie de configuration est un ensemble cohérent de paramètres visant un objectif spécifique : uniformiser les navigateurs, renforcer la sécurité, déployer des paramètres de conformité ou configurer des accès à des ressources réseau. Au lieu de configurer chaque appareil individuellement (une tâche impossible dans une organisation de plusieurs milliers de machines), l’administrateur définit une politique unique et l’attribue à un groupe d’appareils ou d’utilisateurs.

Naviguer vers la création d’une première stratégie

Pour créer une stratégie dans Intune, on commence par accéder au portail (intune.microsoft.com), puis on navigue vers Appareils > Profils de configuration. Un bouton « Créer » lancé l’assistant de création. Le système demande d’abord de sélectionner la plateforme cible (Windows 10 et ultérieur, macOS, iOS, etc.) car chaque système d’exploitation possède son propre ensemble de paramètres disponibles.

Intune offre plusieurs types de profils selon le besoin. Le Catalogue des paramètres présente tous les paramètres disponibles organisés par catégories (navigateur, sécurité, connectivité, etc.). L’administrateur sélectionne uniquement les paramètres pertinents pour son cas d’usage. Le Modèles propose des configurations pré-construites pour des scénarios courants (par exemple, « Sécurité de base Windows », « Conformité de l’email », etc.). Ces modèles offrent une approche plus structurée mais moins flexible.

Après avoir sélectionné le type de profil, l’administrateur nomme la stratégie et ajoute une description détaillée. Cette documentation est cruciale : dans six mois, on peut avoir oublié pourquoi exactement on a créé une stratégie donnée. Une description claire (« Configure Microsoft Edge pour afficher Google.fr comme page d’accueil, empêcher les téléchargements non sécurisés et définir les sites compatibles avec l’authentification unique ») aide à la maintenance à long terme.

Configuration pratique : Microsoft Edge en exemple

Prenons un exemple concret : l’organisation souhaite uniformiser la configuration de Microsoft Edge sur tous les ordinateurs Windows. L’objectif est de définir Google.fr comme page d’accueil par défaut, de configurer le comportement au démarrage du navigateur et de définir la page à afficher lors de l’ouverture d’un nouvel onglet.

Dans l’interface de création de profil, après sélection de « Windows 10 et ultérieur » et « Catalogue des paramètres », on recherche « edge » pour afficher les catégories liées à Microsoft Edge. On sélectionne « Démarrage, page d’accueil et page Nouvel onglet », qui contient précisément les paramètres recherchés.

Parmi les paramètres disponibles, on identifie et sélectionne ceux-ci :

  • ⚙️ Action to take on startup : définir ce qu’Edge doit faire au lancement (ouvrir une URL spécifique, restaurer la session précédente, etc.)
  • ⚙️ Configure the home page URL : l’adresse à afficher quand on clique sur le bouton « Accueil »
  • ⚙️ Configure the new tab page URL : l’adresse à afficher lors de l’ouverture d’un nouvel onglet
  • ⚙️ Set the new tab page as the home page : utiliser la page nouvel onglet également comme page d’accueil
  • ⚙️ Sites to open when the browser starts : une liste de sites à ouvrir automatiquement au démarrage

Une fois sélectionnés, ces paramètres s’affichent dans la section suivante avec des champs de configuration. Pour chacun, l’administrateur active le paramètre et entre la valeur désirée. Par exemple, pour « Configure the home page URL », on entre « https://www.google.fr ». Les paramètres non activés n’affectent pas la configuration de l’appareil, permettant une approche minimaliste où on modifie uniquement ce qui est vraiment nécessaire.

Attribuer la stratégie aux appareils cibles

L’étape « Affectations » détermine qui recevra cette stratégie. Plutôt que de l’appliquer à chaque appareil individuellement, Intune utilise une approche basée sur les groupes. L’administrateur sélectionne un ou plusieurs groupes de sécurité Entra ID dont tous les membres recevront cette stratégie.

Si une organisation possède un groupe « PC_Corporate » contenant tous les ordinateurs de l’entreprise (à l’exclusion des machines de test ou des équipements spécialisés), on assigne simplement la stratégie à ce groupe. Instantanément, tous les appareils du groupe reçoivent la nouvelle configuration lors de leur prochaine synchronisation avec Intune (ce cycle se produit toutes les 8 heures par défaut, avec des synchronisations plus fréquentes durant les 2 heures suivant l’inscription).

L’utilisation de groupes permet aussi une approche progressive : avant de déployer une stratégie complexe à toute l’organisation, on peut la tester sur un groupe réduit (par exemple, le département IT lui-même) pour identifier les problèmes potentiels avant déploiement massif.

Vérifier l’application et diagnostiquer les problèmes

Après création et déploiement de la stratégie, comment s’assurer qu’elle fonctionne réellement sur les appareils ? Intune propose plusieurs mecanismes de vérification. En cliquant sur le nom de la stratégie depuis la liste des profils, on accède à un tableau de bord montrant le statut de déploiement : combien d’appareils ont reçu la stratégie, combien l’ont appliquée avec succès, et combien ont rencontré des erreurs.

Pour un diagnostic plus détaillé au niveau de chaque machine, le bouton « Afficher le rapport » offre une ventilation complète. On découvre par exemple que la stratégie s’applique correctement à 487 machines, a échoué sur 3 machines (avec les raisons de l’échec) et est en attente sur 12 machines (probablement déconnectées ou synchronisation en cours).

Sur l’appareil lui-même, l’Observateur d’événements Windows (Event Viewer) contient les journaux de Intune. En naviguant vers Journaux des applications et des services > Microsoft > Windows > Microsoft-Windows-DeviceManagement-Enterprise-Diagnostics-Provider > Admin, on voit une chronologie détaillée des actions de gestion : récupération des stratégies, application des paramètres, erreurs éventuelles. Ce journal est essentiellement la « boîte noire » du client Intune et devient indispensable lors de dépannage complexe.

Valider l’application sur les ordinateurs utilisateurs

Pour tester manuellement l’efficacité de la stratégie, il suffit d’ouvrir l’application configurée (ici Microsoft Edge) sur une machine cible. Si tout fonctionne, Google.fr s’affiche à l’accueil, ce qui confirme que le paramètre a bien été appliqué. Dans les paramètres du navigateur, certains réglages apparaissent grisés ou verrouillés avec une mention indiquant qu’ils sont gérés par une organisation, signalant que Intune contrôle effectivement ces paramètres.

Pour forcer une synchronisation immédiate plutôt que d’attendre le cycle de 8 heures, on utilise les Paramètres Windows > Comptes > Accès Professionnel ou Scolaire > clic droit sur le compte > Infos > Synchroniser. Cela s’avère utile en développement ou en phase de test pour vérifier rapidement qu’une nouvelle stratégie fonctionne.

🌟 Bon à savoir

La co-gestion SCCM + Intune permet de moderniser l’environnement progressivement, sans migration brutale et tout en valorisant l’existant.

Orchestrer l’intégration avec l’infrastructure existante et les étapes suivantes

Après avoir maîtrisé les bases — inscriptions d’appareils, création de stratégies simples et vérification de leur application — une organisation doit envisager l’intégration plus large d’Intune dans son écosystème informatique. Cela inclut la coordination avec Active Directory existant, la mise en place de stratégies de conformité avancées, le déploiement d’applications à grande échelle et l’implémentation d’une architecture Zero Trust complète.

Les organisations ne commencent pas avec un environnement cloud-natif pur. Beaucoup possèdent des années d’investissement dans Active Directory local, SCCM pour la gestion des ordinateurs et diverses applications internes. Le défi consiste à moderniser progressivement cet environnement hérité sans bloquer l’opérationnel quotidien ni déstabiliser des milliers d’utilisateurs.

La co-gestion : ponter l’ancien et le nouveau monde

La co-gestion entre Configuration Manager (SCCM) et Intune représente la stratégie de transition privilégiée pour les grandes entreprises. Au lieu de migrer tous les ordinateurs de SCCM vers Intune du jour au lendemain (un changement massif et risqué), la co-gestion permet aux deux outils de fonctionner côte à côte, chacun responsable d’aspects différents.

Par exemple, SCCM pourrait rester responsable du déploiement des applications (Windows Office, software métier de l’organisation) tandis qu’Intune gère les profils de sécurité (chiffrement, pare-feu, stratégies de conformité). Une autre répartition courante : SCCM gère les ordinateurs Windows 10/11 traditionnels déjà bien intégrés à l’infrastructure Active Directory, tandis qu’Intune prend charge tous les nouveaux appareils, les smartphones, et les appareils secondaires.

Cette approche graduée offre plusieurs avantages. Elle réduit les risques en évitant une migration « big bang ». Elle utilise efficacement l’expertise existante (les équipes maîtrisent déjà SCCM) tout en modernisant progressivement. Et elle permet de valider les stratégies Intune sur un sous-ensemble avant déploiement généralisé.

Vers une stratégie de conformité et Zero Trust

Inscrire des appareils et appliquer des configurations est un début. Cependant, une véritable sécurité moderne repose sur le concept de conformité continue. Un appareil peut être conforme au moment de son inscription (chiffrement activé, antivirus à jour, pare-feu actif) mais se retrouver non-conforme la semaine suivante si des patches de sécurité n’ont pas été appliqués ou si un utilisateur a désactivé le chiffrement.

Intune permet de définir des stratégies de conformité qui vérifient automatiquement et continûment que chaque appareil respecte les normes de l’organisation. Si un appareil sort de conformité, Intune peut prendre des actions automatiques : alerter l’utilisateur, restreindre l’accès à certaines ressources (par exemple, lui interdire l’accès à Sharepoint si le chiffrement est désactivé), ou déclencher des actions de remédiation.

Cette approche s’aligne avec le modèle Zero Trust : ne pas faire confiance à un appareil simplement parce qu’il est enregistré, mais vérifier continuellement sa conformité. Couplée avec l’accès conditionnel (fonctionnalité d’Entra ID), l’organisation peut construire une posture de sécurité redoutable : un utilisateur tentant d’accéder à un email critique avec un appareil non-conforme (par exemple, jailbreaké ou rooted) se voit refuser l’accès, indépendamment du fait qu’il connaisse le mot de passe correct.

Les prochaines étapes naturelles

Une fois à l’aise avec les profils de configuration simples, les administrateurs peuvent progresser vers des domaines plus avancés : déploiement d’applications (comment distribuer Microsoft Teams, Slack, ou des applications métier spécifiques via Intune), création de stratégies de protection des applications (isoler les données professionnelles sur les appareils personnels), mise en place de scripts PowerShell (automatiser des tâches récurrentes sur les machines gérées), ou intégration de solutions de sécurité externes (Microsoft Defender, Cisco Umbrella, etc.).

Chaque étape s’appuie sur les fondamentaux : sans avoir d’abord maîtrisé l’inscription et les profils basiques, les configurations avancées seront confuses et sources d’erreurs. Intune, malgré sa puissance, suit une courbe d’apprentissage prévisible où chaque étape crée les bases pour la suivante.

Après les premiers pas détaillés dans cet article, l’apprentissage continu devient le moteur de progression. Microsoft publie régulièrement des tutoriels sur sa plateforme Microsoft Learn, des cas d’études, et des meilleures pratiques. La communauté d’administrateurs Intune, active sur les forums et réseaux sociaux, partage solutions et astuces. Enfin, l’expérimentation sur un environnement de test (Intune offre des essais gratuits) reste le meilleur moyen de comprendre comment les différentes fonctionnalités interagissent dans un contexte réel.

L’intérêt de commencer avec Intune réside dans sa capacité à transformer la gestion informatique : plutôt que de dépendre de techniciens qui physiquement se rendent sur chaque machine, l’administration devient cloud-native, scalable et automatisée. Un administrateur seul peut maintenant gérer plusieurs milliers d’appareils distribués mondialement, chaque machine restant sécurisée, configurée et à jour sans intervention manuelle. C’est une transformation profonde de la relation entre l’équipe IT et le parc informatique qu’une organisation devrait embrasser dès que possible.

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